Perfection

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© Lacroix, 2007
Feuille trouvée dans le jardins de Lezarts (Quartier Centre-Sud)

Ce qui mérite d’être fait, mérite d’être bien fait.
Le but n’est pas de faire un geste parfait dans un monde parfait, mais de poser une action appropriée dans ce monde imparfait.
Non pas faire quelque chose de grand et de beau, mais faire ce que l’on fait avec grandeur et beauté. C’est déjà beaucoup.



Regardeur faiseur d’images

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© Lacroix, 2007
Rue Duluth (Quartier Plateau Mont-Royal)

Comme faiseur d’images, je suis avant tout un regardeur contemplatif. Il m’arrive parfois de me promener dans les quartiers voisins. J’aime découvrir, observer. Je pratique une forme de contemplation active ; quand on leur prête attention, les objets ont beaucoup à nous raconter. Donc, je tends l’oeil. La capacité à prévisualiser l’image finale fait partie du rituel de la prise de vue. Les étapes subséquentes y sont déjà planifiées.
Le numérique offre la voie séduisante du traitement informatique. Il faut cependant éviter les manipulations abusives qui annuleraient la simplicité et la spontanéité initiale. Cette perte de fraîcheur initiale génère des images stériles. Ici encore, moins c’est mieux.



Le voile des apparences

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© Lacroix, 2006
Yolande Ledduc, 72 ans, danseuse butö

Tout est illusion.
Tout est éphémère.
L’enfant devient adolescent,
puis adulte,
et ensuite, mûr,
enfin arrive la vieillesse suivie de la mort.
Tout change.
Tout fuit.
Ce qui vient, s’en va.

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© Lacroix, 2006
Yolande Ledduc, 72 ans, danseuse butö



Au-delà de la réalité

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© Lacroix, 2007
Main-courante, Centre du design, UQAM

La création s’élève « au-delà de la réalité ». Si nous voulons réaliser une photographie d’un sujet, nous devons imaginer la manière de traduire efficacement notre expérience visuelle et notre émotion.

Si nous comprenons bien la technique photographie, nous pourrons non seulement reproduire le sujet, mais aussi, et c’est l’objectif, y ajouter quelque chose de notre propre expérience.

Pour créer une image « au-delà de la réalité » pour que notre photographie atteigne toute sa force d’interprétation, nous devons être réceptifs et maîtriser sa technique.

Reconnaître l’image potentielle, la prévisualiser et la réaliser par l’application d’une technique font partie de la même expérience.

Notre capacité à obtenir l’image souhaitée sera, cependant, limitée par notre maîtrise de la technique. Il n’est pas possible de remplacer une bonne technique ; il peut y avoir tech-nique sans art, mais non art sans technique.

La photographie peut être une expérience intense et amplificatrice si nous sommes à l’écoute de nos sentiments, car ils sont le révélateur de notre implication devant un sujet, une scène.

La tâche de transposer visuellement nos réactions, nos humeurs et nos émotions est à la base de l’élaboration d’une vision personnelle.

À la prise de vue

1. D’abord, iI faut compter un certain temps pour définir ses sentiments. Attendre avant de déclencher l’obturateur. On se laisse imbiber par le sujet.

2. II est souvent utile de donner un nom à ce qu’on éprouve : sérénité, peur, jouissance, bonheur, choc, excitation. Être aussi précis que possi-ble a identifier son émotion.

3. Ensuite, on analyse les éléments visuels associés à ces sentiments. La vue d’un orage approchant suscite la peur ou un étal de fruits nous réjouit. En cas de difficulté à définir les sentiments, on peut compléter la phrase suivante : « Je me sens _________ parce que je vois ___________ »

4. Finalement, on concentre nos efforts sur les composantes de la scène qui suscitent votre réaction. Elles doivent constituer l’essentiel de votre photographie. N’y ajouter d’autres éléments que si nécessaire. Ce concentré doit être organisé en une composition équilibrée et se rappelant que moins c’est mieux.

Nos réactions et nos sentiments sont totalement personnels, telles seront les images qu’ils auront permis de produire.

Une fois achevée, la photographie doit parler d’elle-même, il est impossible de traduire en mots la charge émotionnelle expressive et esthétique d’une photographie. On peut décrire et analyser la technique utilisée, considérer les aspects pratiques ou les rapports historiques, mais il n’existe aucun langage, sinon le sien propre, qui traite de l’essence créative de l’image.

La photographie est un outil de communication et un moyen d’expression. Elle peut choquer, éclairer ou stimuler, faire rire ou pleurer; elle peut être acceptée ou rejetée…



Ombre

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© Lacroix, 2007
Buñuel, le chat de Madame Sandra. Jardin de Lezarts (Quartier Centre-Sud). Cette image est utilisée par Le chat des artistes, ateliers pour artistes, installé dans un édifice rénové en face de Lézarts.

«[…] le noir est une énergie.»
— Paul Klee
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« Qu’est-ce qu’un pessimiste ?
Un homme qui ne considère le soleil que comme une chose qui produit de l’ombre. »
— Marden
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cliquer pour agrandir
Image originale sous la pluie. Plutôt monotone. La lumière est fade et le centre d’intérêt est confus. Un nettoyage des éléments inutiles et une augmentation du contraste rendent à l’image un impact plus graphique. Comparant la photographie à la musique, Ansel Adams disait que le négatif est comme une partition et que tirage était, tel une performance, une interprétation.

(suite…)



Passivité active

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© Lacroix, 2007
Quai de chargement, rue Larivière, édifice Grover (Quartier Centre-Sud)

Chacun crée sa propre réalité par sa façon de regarder et d’interpréter la nature, les autres êtres humains, les événements et les circonstances de sa vie.

L’acte de photographier est une forme de passivité active. Dans un premier temps passif : c’est un état de conscience accrue où les facultés de perception, d’observation et de réception sont en alerte permanente, pour accueillir tous les stimuli quels qu’ils soient. Deuxièmement, actif : parce que notre mémoire, nos connaissances, notre culture, notre intelligence réagissent en traitant toutes ces informations pour en décoder le sens et développer des solutions les plus adéquates pour les traduire en langage photographique.



La gourmandise du présent

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© Lacroix, 2006.
Vieux clous, braderie du printemps 2006, Lezarts (Quartier Centre-Sud)

Photographier, c’est être pleinement dans l’instant présent. C’est observer, se connaître et s’oublier. C’est regarder, s’émerveiller, communiquer. C’est la sérénité de passer du temps avec le temps

Le vide est au coeur de l’image. Le vide n’est pas quelque chose de vague ou inexistant, il est un élément dynamique et puissant. Le vide crée une unité avec le sujet, le vide produit l’énergie de l’image.



Le butô

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© Lacroix, 2006
Yolande Leduc, 72 ans, danseuse butô

Pour plusieurs, le butô est une chorégraphie théâtrale très étrange.
Le butô est qualifié provocateur, physique, spirituel, érotique, grotesque, violent, mystérieux… Le terme Ankoku butô (Ankoku : obscurité, ténèbres ; Bu : danse et : pas, marche) abrégé à butô, signifie la « Danse des Ténèbres »
Le butô comme un mélange d’éléments de théâtre japonais traditionnel, de danse expressive et de mime. C’est la rupture avec les règles établies pour laisser place à l’improvisation. Les principales caractéristiques sont les corps peints en blanc, les mouvements très lents, les têtes rasées et les positions tordues. Le butô évoque des images de décrépitude, de crainte et de désespoir, des images d’érotisme, d’extase et d’immobilité.
Le butô est la recherche d’une forme très ancienne d’art où les processus rituels et artistiques étaient indissociables. Le butô réunit le conscient avec l’inconscient parce que le mouvement n’est pas dirigé de l’extérieur, mais apparaît dans l’interaction entre le monde extérieur et le monde intérieur.
L’essence du butô se trouve la mutation par laquelle le danseur cesse d’être lui-même et devient autre, personne ou chose. Le danseur butô n’exprime pas une émotion ou une idée abstraite. Ce qui est important c’est justement cette transformation. Cette métamorphose prédomine la description ou le symbolisme.
Le butô s’éloigne de la définition traditionnelle de la danse pour l’étendre à la définition de la vie même. C’est le questionnement sur les origines et le pourquoi de la danse qui donne sa force au butô. Dans cette perspective, la danse devient une recherche de réconcilition avec nous-même et avec notre environnement.

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© Lacroix, 2007.



Le Zen

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© Lacroix, 2006
Tournesol, jardin de Lezarts (photographie infrarouge, filtre Hoya R72)

Le Zen ne peut être décrit avec des mots. Zen est la prononciation japonaise du mot chinois «chan» qui est la traduction du mot sanskrit indien signifiant méditation.
On peut en décrire certaine facettes. Le Zen est une attitude, il n’ya rien a croire. Le Zen est l’expérience du moment présent. C’est un état d’esprit, c’est goûter pleinement le miracle de la vie.
L’étude du zen est déroutante parce que son enseignement est paradoxal. Ce qui nous force a sortir des sentiers battus, de la pensée routinière pour quitter la logique et libérer l’intuition.
Le Zen, c’est l’acquisition de la connaissance par l’expérience. Le Zen est à la fois tout et rien. Il est le vide et le plein; le début et la fin. Le Zen est l’ombre et la lumière…



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