Le Tao

crw2108a.jpg

crw2109a.jpg
© Lacroix, 2008

Un gros orage s’est abatu sur la ville et a laissé des empreintes dans le jardin de Lezarts (Quartier Centre-Sud)

Maître, le Tao pourrait-il se concevoir comme un simple itinéraire, un itinéraire sans but précis ?
Le Tao est la voie qui se dérobe quand on la cherche, la route caillouteuse et ingrate ne menant nulle part [...] Mais pour qui n’est pas crispé sur la risible chimère de la terre promise et des voies censées y conduire, le Tao est un sentier agreste et parfuné où dansent les elfes. Il s’ouvre aimable et riant, sous les pas du promeneur improvisant sa flânerie, du rêveur à l’âme d’enfant tout entier à sa rêverie.
Henri Faliu-Blanc, Entretien intempestif sur le Tao

ACTES SUD
Henri Faliu-Blanc
Entretien intempestif sur le Tao

Vieille de deux mille cinq cents ans, la philosophie du taoïsme est ici replacée dans une modernité et un présent absolu. Un entretien incisif et salutaire. Le philosophe chinois Lao-tseu est l’auteur du fameux Tao-tö-king, “le Classique de la Voie et de la vertu” qui préconise un enseignement qui puisse guider les hommes vers le retour à l’unité première. Il est considéré par la tradition comme le fondateur du taoïsme. Les dates de naissance et de mort du philosophe sont sujettes à discussion, on l’a longtemps dit contemporain de Confucius et de Bouddha (vers 570 ou 490 av J.-C) mais il semble qu’il ait vécu dès le Ive siècle avant notre ère. Quoi qu’il en soit, le Tao-tö-king est un texte qui a influencé la pensée et la culture chinoises et c’est certainement le texte le plus traduit de la littérature chinoise.

Henri Faliu-Blanc imagine ici un long entretien entre un novice et un maître du Tao, entretien incisif et “intempestif”. Le novice brûle de s’initier au Tao et questionne son maître qui partage avec Lao-tseu un solide bon sens paysan et un goût pour la distance. Le maître tord le cou aux idées reçues et aux poncifs de la “vieille modernité”. De toute évidence, le “réel têtu” et éternel de la veille Chine de Lao-tseu et la pensée de Henri Faliu-Blanc puisent aux mêmes sources et ne font qu’un : aussi le Maître, dans ses réponses, se laisse-t-il aller à une fantaisie décapante, souvent ombrageuse et irrévérente. Assertions lapidaires, paradoxes audacieux, contradictions, éclairages et situations surréalistes à la limite de la provocation, le Maître fait feu de tout bois devant un novice éberlué et toujours pétri de candide ferveur. Il s’agit pour le Maître de tirer l’élève des sentiers battus de l’illusion, de l’arracher à l’enlisement d’un optimisme béat et chimérique.

Comment parvenir à la sagesse ? interroge le novice.
En lui tournant le dos ! s’entend-t-il répondre.
Comment méditer ?
En fuyant la méditation comme la peste !

Grâce à cet entretien sur le Tao, Henri Faliu-Blanc replace le taoïsme dans une modernité et un présent absolus. Sa réflexion englobe philosophie, politique, mercantilisme, art, poésie, etc. Cet entretien intempestif est une voie de sagesse au quotidien qui ébranle les certitudes de nos illusions. Aux disciples en quête d’un guru, le maître répond dans un souffle : “Oubliez le Tao, passez votre chemin…”

L’AUTEUR
Lecteur de littérature française contemporaine à l’université de New York, puis à celle de Keio/Tsuruba de Tokyo, Henri Faliu-Blanc a aussi longtemps travaillé à la création d’émissions culturelles pour diverses stations de radio et de télévision, notamment la BBC de Londres et la NHK de Tokyo. Il est entre autres l’auteur des Interstices d’une vie (Le Pont-de-l’Epée, Paris) et de Furasato (La Bartavelle), et le traducteur de Comptines à vivre (L’Age d’homme). Henri Faliu-Blanc est par ailleurs l’auteur de plusieurs films documentaires sur la culture japonaise réalisés pour la télévision japonaise, le ministère des Affaires étrangères et d’autres organismes culturels. Il vit aujourd’hui entre la France et l’Inde.



Laisser un commentaire