L’oeil sélectif

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© Lacroix, 2008

Plante sauvage séchée devant une voiture enneigée dans le stationnement de la Japan Tobaco International – MacDonald Inc., rue Iberville (Quartier Centre-Sud)

 

Si vous vous contentez de voir ce qui est évident, vous ne verrez rien.
— Ruth Bernhard

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Vigilance

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© Lacroix, 2008

Branche de saule tortueux (salix matsudana tortuosa), un superbe saule japonais, à feuilles ondulées qui se dressent vers le ciel. Jardin de Lezarts sous la neige (Quartier Centre-Sud)

Penser autrement que l’on ne pense en général aujourd’hui a toujours un relent d’illégitimité intempestive, de trouble-fête; c’est même quelque chose de presque incorrect, de maladif, de blasphématoire, qui ne va pas sans comporter de graves dangers sociaux pour celui qui nage de façon absurde contre le courant., Aussi mon propos n’est-il pas de définir l’âme mais de faire état d’une démarche qui est celle de l’expérience immédiate de la vie intérieure et qui traduit une attitude tournée vers le souci de l’âme. Je me trouve incontestablement à la croisée nécessaire d’un cheminement personnel où le souci de l’âme est une forme du souci de soi. La formation de soi passe par les habitudes sociales et culturelles, par l’investissement dans une activité professionnelle et par la qualité des relations qu’on entretient avec les autres, mais elle requiert un retour sur soi-même, un temps de pause pour approfondir davantage les motivations qui portent vers tel ou tel choix, vers telles affmités électives. Une vigilance sur soi pour être mieux au monde et pour être du monde.

[…]

Mais de l’âme, on ne peut qu’en parler. Et c’est là sans doute la limite de ma réflexion. Elle n’est ni de l’ordre de la seule philosophie ni de la psychologie mais plutôt d’ordre métaphysique et suscite des questions d’ordre éthique. L’âme est impalpable, invisible, intérieure, et vouloir parler de l’âme, vouloir se souder de l’âme, c’est tenter de communiquer aux autres ce qui nous habite par le truchement des mots, c’est-à-dire du dehors. Les mots sont infidèles, comme me l’indique une conversation avec cet homme rencontré cet été au fin fond dune vallée de l’Emmental et qui vit là depuis vingt-cinq ans à la recherche «d’une belle âme», loin des tumultes de la vie moderne. Il me demande quelles sont les questions que je me pose et me dit: «Le rapport à l’âme, on peut en parler car je consacre ma vie à cette difficile question mais l’âme est le lieu de combat, à travers les mots, de tous ceux qui s’intéressent aux choses de l’esprit.» Même ici dans un cas où nous avions tous deux une même certitude — l’âme—, nous étions limités par les mots, par l’impuissance du langage.
Éliane Allo, Le souci de l’âme

 



Fragilité

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© Lacroix, 2008

Feuille de chêne dans la neige, jardin de Lezarts (Quartier centre-Sud)

«La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard.»
— John Stuart Mill



Lumière, ombre

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© Lacroix, 2008

Détail de la façade de l’église Saint-Eusèbe de Verceil, rue Fullum (Quartier Centre-Sud)

Il y a de la lumière dans l’obscurité: ne voyez pas seulement l’obscurité. Il y a de l’obscurité dans la lumìère; ne voyez pas seulement la lumière. Lumière et obscurité s’opposent et dépandent l’une de l’autre comme la jambe droite de de la jambe gauche quand on marche.
— Shih-Tou Hsi-Chten

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© Lacroix, 2008

Église Saint-Eusèbe de Verceil de style néo-roman (circa 1918)



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