Conquête

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© Lacroix, 2007
Fête pour enfants, parc des Royaux (Quartier Centre-Sud)

«La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que conquête du nécessaire. L’homme est une création du désir, non pas une création du besoin.»

— Bachelard, Psychanalyse du feu

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Je découvre que la personne j’étais lorsque j’avais vingt, trente ou même 40 et 50 ans m’est devenu presque un inconnu.

Une étrange discontinuité fait qu’il m’est impossible de me reconnaître dans les traces des époques passées: photographies, films, musiques, livres que j’aimés, ou même dans mes propres créations photographiques que je redécouvre comme le travail d’un étranger.

Ces pensées me plongent dans un désarroi nostalgique et je m’interroge sur les réalisations passées d’un certain Jean Pierre qui n’est définitivement plus moi ? Qu’est-ce qui me relie avec ce personnage à part une continuité biologique ?

J’ai de la difficulté à me suivre dans le dédale parcouru. Chaque jour, la plupart de mes cellules se renouvellent, mon cerveau enregistre de nouveaux souvenirs et s’imprègne de nouvelles expériences. Je suis en constante transformation et en permanente reconfiguration. Les temps changent, disait Ovide, et nous changeons avec eux. Sur une période de quelques années, comment puis-je prétendre être toujours la même personne ? Aujourd’hui, quelle est la part de rémanence de ma psyché ? Une chose est certaine, ce qui est constant, c’est l’impermanence.

Aujourd’hui, je me dédie à faire du quotidien, si non une oeuvre, un «quelque chose» d’esthetique, d’une «certaine» qualité.



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